Une approche spirituelle à la prévention du suicide par Robert Massé
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Épilogue

Une bonne bouffée d’air frais dans le champ du suicide. Une voie de prévention vers l’éradication du mal dans ses racines. Telle nous avons voulu cette publication.

De quoi penser, au-delà de la prévention immédiate de l’état suicidaire, au-delà de son traitement au moment de la crise.

Comme l’alcoolisme, comme la drogue, comme le sida et comme bien d’autres perturbations, le suicide n’est pas un problème exclusivement médical, ni réservé exclusivement à un groupe restreint de professionnels et de bénévoles qui en ont déjà trop, si compétents et dévoués soient-ils, de répondre aux besoins immédiats.

Mal communautaire, par ailleurs, que ce suicide? Mal d’une collectivité? Problème d’éducation, de rééducation, tel que nous le concevons sous certains aspects, sans fermer la porte à une mutiplicité d’opinions et d’hypothèses qui devront en arriver à le circonscrire? Là nous a conduit notre réflexion.

Mais qui sont-ils d’abord, ces suicidaires? Produit d’une société moderne qui aurait fait sa spiritualité d’un matérialisme devenu religion, enveloppant? D’une société qui aurait bouté Dieu hors de l’être et de la vie, comme les dieux de la mythologie, sortis de leur boîte? D’une société dénudée, qui se serait dépouillée d’une partie importante et constituante de ce qu’elle est? Matière, d’une part, de mieux en mieux conservée, soignée, développée, mise en valeur? Spiritualité, d’autre part, oubliée, négligée, camouflée dans pelures d’ail ou d’oignon, comme dans sa matière, sentant trop fort, ridiculisée, rejetée de sa boîte, comme dernier mythe?

Mais qui sont-ils donc ces suicidaires en acte et en puissance que nous sommes? Fabriqués quotidiennement, inconsciemment plutôt que sciemment sans doute, et depuis plusieurs année?

Résultat de nos modes de penser et d’agir, de nos refus de la foi et du dialogue avec l’Homme qui nous a appris à prier?

Modes de penser et d’agir, nôtres d’abord, devenus les leurs, un temps? Avant qu’ils ne les rejettent, s’y opposant, nous contestant, puis ne se rejettent eux-même par la suite, malheureux, incapables de vivre et de survivre?

Ils ne se comprennent plus? Nous-mêmes ne nous comprenons plus? Une moitié de notre être, la plus vivifiante, perdue en cours de route?

Se pourrait-il, pour qu’ils vivent, ceux que nous aimons, qu’il nous faille nous-mêmes mieux vivre? Retourner à une spiritualité rafraîchissante, rajeunie? Réapprendre le vrai sens de la vie?

Problème de santé, d’éducation, le suicide? Problème de rééducation? Problème de matière et d’esprit? D’unité de l’être, de son entité? Problème de recherche???

La question est mal posée? Tant pis! Et qu’on la pose mieux, ma foi! C’est la société qui le demande! Et elle viendra la réponse, bientôt! Demain, tout au plus tard! Croyez-en ma parole d’aujourd’hui! Elle viendra!